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Battant, un printemps 2015 réalisé par Jean-Christophe Polien, photographe

Du samedi 5 décembre 2015 au jeudi 24 décembre 2015

affiche exposition GABARIT A3 + avec debord CMJN.j

Battant, un printemps 2015 du 4 au 24 décembre 2015
Le 52, 52 rue Battant, Besançon.
Du mardi au samedi de 11h à 18h
Dimanche de 12h à 18h30
Lundi 21 décembre : 11h à 18h

Vernissage 4 décembre 2015

17h à 20h visite de l’exposition au 52
19h à 22h “ the party” aux Ateliers Zone Art, 37 rue Battant, Besançon

JC Polien – Carnet de route n° 7 > Un printemps 2015 

Invité en résidence à Besançon par les Ateliers Zone Art, durant quatre semaines en mai 2015, JC Polien, photographe, organise des séances de repérage, et va à la rencontre des habitants du quartier Battant, afin de mener un travail photographique.

La Ville de Besançon, consciente de ce travail d’importance et de ce projet culturel porteur pour tout un quartier, apporte dès le départ son soutien à JC Polien et aux Ateliers Zone Art.

S’ensuit alors cette restitution “BATTANT, UN PRINTEMPS 2015”, conçue par JC Polien, qui met à l’honneur les riverains et les intervenants du quartier Battant.

Merci à tous ceux qui ont permis ce projet, soutiens, organisateurs et bénévoles, habitants, commerçants et créateurs du quartier.

Le projet est soutenu par la ville de Besançon, l’Union des commerçants, l’association de commerçants et habitants de Battant Jacquemart, l’Université de Franche-Comté et les Ateliers Zone Art.

les étudiants LP METI (Métiers de l’exposition et technologie de l’information) Université de Franche-Comté, les jeunes et les éducateurs du service de Prévention Spécialisées de Battant et les bénévoles du collectif Zone Art ont apporté leur aide pour organiser l’exposition

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Battant, un printemps 2015 par Laurence Yalamow

Telle une fresque, la restitution photographique de JC Polien met à l’honneur le quartier Battant, l’un des lieux les plus anciens de Besançon, situé sur la rive droite du Doubs.

Pas moins de vingt toiles d’un 1×1 mètre nous sont livrées par celui qui fut aussi durant quelques années, un habitant de la ville franc-comtoise.

Pas moins de cent-quatre-vingts visuels réhabilitent à leur manière ce quartier populaire et animé, aux coteaux autrefois parsemés de vignes, à travers les portraits de ses « Bousbots » – gentilé donné aux habitants – la plupart créateurs, artisans, commerçants, ou riverains.

Pas moins de 20 m 2 de toile, donc, retracent les contours d’un présent bisontin au visage nouveau et ceux d’une émouvante tranche de vie, sans se soustraire au passé resté en filigrane dans l’esprit de chacun et au cœur de la ville.

En résidence à Besançon au mois de mai 2015, sur l’invitation de l’association ZONE ART, JC POLIEN a mené une centaine de séances photographiques dans le périmètre précis des plans cadastraux de Battant, et dans la perspective de son projet artistique d’envergure que le photographe a nommé «Carnet de route».

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L’idée de ces « Carnets » émerge au printemps 2012 avec «l’envie, dit-il, de photographier ses parents, ses proches, ses ami(e)s, tout en essayant de garder une rigueur et une distance avec eux qu’il a toujours établies dans les commandes de portraits destinées principalement à la presse». Les premières images de cette époque sont réalisées au moyen format, en argentique :

«Ce fut un exercice difficile, derrière le viseur de l’appareil, que de parler avec une certaine froideur et de donner des directives aux personnes que l’on connaît depuis des années, sans laisser transparaître ses propres émotions.» JC POLIEN

Quelques semaines plus tard, il quitte Paris, bien résolu de « faire la route » au volant d’une vieille Volkswagen, afin de photographier les gens au gré de ses pérégrinations. En raison d’un aspect pratique, il délaisse alors l’argentique pour
passer au tout numérique.

Ses « Carnets de route », accordés au rythme des saisons, germent alors dans une discipline propre au photographe, tel un système auquel depuis il ne déroge pas : garder toujours une même contrainte technique pour toute prise de vue, à savoir travailler sans source d’éclairage autre que la lumière existante, appareil sur pied, vitesse très lente – 1/4 de seconde en général – et rester moins de trente minutes chez la personne.

JC POLIEN Carnet de route

Ajoutées aux portraits se sont construites ainsi des séries d’images ayant pour
thématique soit une profession, soit un lieu géographique (des ouvriers sur un site classé Seveso dans les Pyrénées, des retraités de la SNCF dans la Somme, un conservateur et le personnel d’une médiathèque dans les Landes, ou encore d’anciens salariés de l’usine textile Carmichael dans la Somme).

« Au fil des kilomètres est remontée cette grande nostalgie pour la France, et celle de la campagne, moi qui en suis originaire. J’ai voulu poser un regard sur le pays de mon adolescence, y retrouver les vestiges d’une période située à la fin des années 1970 et dont j’adore le contexte social : l’espoir de la victoire de la gauche, les radios libres, les luttes qui n’aboutissent pas, la jeunesse punk, débridée, sur fond de malaise social. C’était aussi le temps des premières virées dans les voitures des grands, les premières sensations de liberté et d’un possible ailleurs.» JC POLIEN

Aussi les prises de vues du quartier Battant pour le « Carnet de route N°7 » s’appuient-elles sur ce principe esthétique dans lequel, également, l’ambiance d’un atelier, d’une boutique, d’un commerce, d’un lieu de vie, ou du quartier côtoient les portraits réalisés à l’intérieur de ces différents espaces.

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Originaire de Franche-Comté, JC POLIEN sait dès l’âge de 16 ans qu’il fera de la photographie son métier.

Ses débuts ont pour cadre Besançon et la mode mais Paris sera, durant ces vingt-cinq dernières années, le terreau fertile de son activité où l’engagent de multiples collaborations pour la presse nationale et internationale – M le Monde, Le Monde, Télérama, Rock & Folk, Rolling Stone, Libération, L’Express, The Times, Marie Claire, Elle… –, essentiellement dans le domaine musical – Beck, Oasis, AC/DC, Coldplay, Elliott Smith, Joe Strummer, The White Stripes, Cesaria Evora, Foo Fighters, Noir Désir, M, Les Rita Mitsouko, Carla Bruni, Benjamin Biolay, Arthur H, Zazie…

Depuis 2012, environnement et portrait (30×30) s’insèrent tel un jeu de miroir dans un diptyque, support délibéré et peu commun aux dimensions immuables (30×60). Comme une allégorie, se joue là pour JC POLIEN une façon plus symbiotique de représenter l’humanité dans son environnement.

Ce panachage éclectique confine presque au naturalisme. Ne sommes-nous pas curieux, après tout, d’observer notre propre espèce, l’espèce humaine exceptionnelle dans sa diversité, dans ce qu’elle révèle en apparence et dans ce qu’elle recèle en mystère dont elle tient une grande part ? Le photographe nous sollicite en ces termes et nous invite, au bord de l’intime, à y déceler l’essentiel dans un effleurage sensible de l’instant.

«Principalement influencé par l’univers de William EGGLESTON et de Joël MEYEROWITZ, j’accorde une importance toute particulière aux détails et à l’objet, particulièrement dans la reconstitution de la période fin des années 1970 – architecture, décoration, mobilier, objets du quotidien.» JC POLIEN

Marqués par le sens du détail et de l’accessoire jamais dénué de poésie, ces diptyques nous offrent un décryptage pudique de ce qui fait le lit d’une vie, via le glissement imperceptible de la lumière sur un visage, l’éclat d’une couleur en rappelant une autre, le goût appuyé pour le ténu, l’obsolète, l’inventaire insinué des choses, des matières ou des corps…

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L’œil de JC POLIEN décèle ce qu’à l’ordinaire un regard ne voit pas. Ainsi, dans l’apparition des pleins et des vides, de l’impersonnel et de l’officieux se combinent, s’allient ou se chahutent le quelconque et l’insolite, l’importance et le dérisoire.

Comme un scénario, ces images extrêmement construites nous présentent un regard croisé sur une composition semblable à la vie présente en tout. Le regard du photographe révèle dans l’apparente fadeur des choses ce qu’il y a de remarquable, rendant bavard ce qui se tait, heureux ce qui dénote. Il donne du caractère à ce qui nous semble être tombé en désuétude, du cachet à ce qui nous semble être resté dans l’oubli, évoquant discrètement la noblesse d’une époque et son charme révolu.

Pourtant, nous n’en saurons pas davantage à propos de ceux et de ce que nous voyons ainsi figés dans la pause ultime. Nous n’en apprendrons pas davantage, si ce n’est peut-être un peu plus sur nous-mêmes et notre façon de nous projeter dans l’altérité.

Dans un jeu constant d’oppositions entre diagonales, lignes de fuite et perspective, les diptyques suggèrent une dichotomie entre notre perception primaire – ce vivant foisonnant, hétéroclite, connu – et ce qui définitivement nous échappe, ce que nous ne pouvons saisir au-delà de la réalité de l’image.

Nous restons alors simple spectateur d’une humanité et de son pendant géographique, tous deux livrés en bloc, montrés sans fard. Nous nous glissons dans un fragment de vie interrogeant notre conscience face à ce qu’il reste d’énigmatique.

Nul regard invasif chez JC POLIEN, nulle intrusion, nulle curiosité déplacée. Juste l’élégance feutrée et douce d’une vision accrue de l’humanité, habitée par ce qu’elle a d’ancrée en ce monde, par son intériorité et sa fragilité de n’être que mortelle. Juste un regard précis, intègre, ad hoc et respectueux, alléguant un état des lieux ne nous renvoyant qu’à notre subjectivité liée d’emblée à nos émotions, celles des souvenirs ou de l’instant présent.

Les portraits à forte teneur identitaire font face au monde, et leur monde nous fait face comme s’il était une part de nous-mêmes, car tout nous semble familier sans que rien ne soit relégué. Alors, délivrés de tout jugement arbitraire dans ce doux rapport à l’altérité, nous nous prenons juste à aimer ces illustres inconnus, des hommes, des femmes, nos pairs, nos semblables, tous ces témoins silencieux de notre contemporanéité.

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En titillant également notre imaginaire, ce dédale de photographies dans lequel il est possible de se perdre convie tout autant notre sensibilité que notre bienveillance, comme notre envie de percer le secret.

Nos yeux balayeront sans doute à nouveau les images d’un même diptyque parmi tous les autres, tout en cherchant le fil d’Ariane qui, peut-être, n’est autre que la fuite du temps ou bien la mémoire de ce temps qui est le nôtre. Piqués, fascinés, nous reprendrons le cours de nos repérages, tout en y rassemblant, qui sait, nos propres souvenirs : pêle-mêle, un visage, une expression, une posture, un habit, un décor, une lumière. Nous scruterons là encore tous ces objets inscrits dans un assemblage de couleurs, de lignes et de formes qui, pouvant au premier abord sembler sans rapport, parviendront à créer, outre une mise en scène, une dramaturgie propre à nous seuls.

Peut-être alors aurons-nous trouvé le fil de ce qui nous anime et nous inspire, de ce qui nous traverse et nous légitime, ou pas…

Dans une dimension à l’échelle de notre siècle, les diptyques sibyllins de JC POLIEN nous enseignent parallèlement la profondeur de l’existence et la vanité de notre présence sur terre d’un éphémère passage. Entre chimère et réalité, entre passé et vécu, entre éternité et instant présent, nous sommes à la fois si peu et pourtant d’une telle grandeur…

Laurence Yalamow

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